Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Mar 31 Jan - 22:19

13 Décembre 2013

La Jeep roula sur un corps étendu en travers de la route et je me retournai pour l’observer. Impossible de dire qu’il s’agissait d’un infecté abattu où bien d’un ex-survivant, mais les larges traces de roues dans son dos m’indiquaient que nous n’étions pas les premier à lui passer dessus. Peu affecté, je me replaçai confortablement sur la banquette en cuir, la tête renversée. Cela devait bien faire trois ans que je n’avais pas été dans une voiture et je profitais de chaque seconde. J’avais détaché mes cheveux et je les laissais voleter autour de mon visage, goûtant la gifle du vent sur mes joues avec délice. C’était merveilleux.

Quelques soldats du convoi que j’avais accompagné jusqu'à Central m’avaient pris en affection et s’était donné la tâche de bien m’expliquer le contexte compliqué de la ville. J’avais été assez surprise de découvrir à mon arrivée la nature exacte de Safepoint. C’était à la fois ordonné et étrangement bordélique. Selon John (ou Edmund? Ou Ross? Enfin, je suis nulle pour mettre un nom sur un visage…), je n’avais vu que le quartier général, et encore, uniquement de l’extérieur. Le reste de la zone protégée était indescriptible. J’étais intéressée à visiter le dernier rempart d’une société humaine sur Terre, mais j’avais surtout été accrochée par un autre quartier de la ville. John (je crois…) m’avait expliqué que plus loin en banlieue se trouvait Riverside, un ancien quartier résidentiel en ruine et complètement infesté. Il avait ajouté en riant qu’un tas de survivants s’y terraient, vivant dans les mêmes conditions que partout dans le monde. J’avais aussitôt su que je me ramasserai là. La vie à Safepoint était sur, mais cette sécurité n’était pas gratuite. Pour tout ces gens qui n’avait pas de quoi payer pour leur protection, la seule issue possible était Riverside. Je savais que je ne pourrais dormir dans des draps propres sachant que d’autre crevaient de froid à peine à quelques kilomètres de moi. Foutue empathie…

Consciente que je m’y installerai probablement, j’avais choisi de ne pas visiter Safepoint en fin de compte. Je n’allais pas en plus m’emmerder avec la tentation d’une douche chaude, le retour dans la rue n’en serait que plus difficile.

Je m’étais donc déniché un type qui allait justement à Riverside pour une histoire de caisses de munitions abandonnées. Il m’avait proposé de me dégager la voix jusqu'à un appartement et de m’aider à y planquer mes choses. J’avais sauté sur l’occasion. Et me voilà dans une vieille Jeep sale, rayonnante pour la première fois depuis des mois. J’avais des vêtements propres et presque neuf, j’avais acheté une barre de Oh Henry! et j’avais même pu dormir deux nuit complètes! Je ne me souvenais même pas de la dernière fois où je me m’étais aussi bien sentie. L’époque d’Harvard me semblaient tellement loin… Ma vie était complètement orienté sur de banales futilités à cette époque, c’en était pathétique aujourd’hui.

Je posai une main sur la boite de munitions 9mm sur mes genoux afin de la stabiliser. Cette petite escapade en terrain sécurisé m’avait aussi permit de m’équiper afin de survivre. Je n’étais quand même pas suffisamment conne pour me jeter sans la moindre organisation en terrain infecté. J’avais du fil barbelé, plus de 6000 munitions, trois types d’armes à feu et quelques lames. Sans oublier le piège à ours. J’étais impatiente de voir un de ces enfoirés de zombie passer entre les dents d’acier.

Nous arrivâmes finalement à l’entrée du quartier. Ça avait dû être un coin plutôt sympa. Le genre de banlieue où j’aurais aimé poser mes fesses après mes études pour y vivre jusqu'à y crever. Une place bien entretenue, rangé et calme. Dommage.

La quantité d’infectés grandissait au fur et à mesure que nous avancions dans le quartier. Il y en avait toujours au moins un, rôdant nonchalamment près des portes défoncées des appartements. De par notre vitesse, il était impossible pour eux de nous atteindre, et mon guide manœuvrait avec habileté l’imposante voiture entre ces grands corps voutés. Bordel, on se serait cru au zoo. Il arrêta finalement la Jeep dans une ruelle coincée entre un stationnement et un vieux bâtiment de trois étages.


- Et voilà ma jolie! Je vais devoir te demander de te dépêcher, j’ai encore une bonne demi-heure de route à me taper.

- Parfait, et merci beaucoup!

Il haussa les épaules en coupant le contact.

- Bah, de toute façon, si tu ne te fait pas dépecée d’ici là, tu seras probablement de retour à Safepoint dans une semaine où deux. T’a qu’à te poser dans cet appart’- là. Il y a eu une opération pour éliminer un groupe de pillards qui vivaient ici dernièrement, il devrait être sur. Pour le moment en tout cas.

Je levai la tête vers le bâtiment désigné. C’était le plus haut encore debout dans un rayon de plusieurs mètres. Si le toit était encore accessible, j’aurais une vue impeccable des environs.
Le type (son nom commençait par un N peut-être?) m’aida à ramener tout mon stock jusqu’au palier et fila en m’indiquant son adresse doublée d’un clin d’œil, au cas où je me sentirais seule.

C’était maintenant que la partie commençait réellement. Un jeu de société à grande échelle dont le seul but était la survie, et qui n’offrait pas de deuxième chance. Je commençai d’abord par disposer le piège à ours devant la porte, au cas où j’aurais de la visite surprise durant mon installation. Puis j’examinai le premier étage. Un large couloir traversait le bâtiment de part en part et quatre appartement étaient disposé de chaque côté. Malheureusement, je ne pouvais deviner que grâce au plan d’évacuation encore accroché au mur, car en pratique, il s’agissait d’un chant de ruine. Les murs avaient été partiellement abattus et des poutres de bois cassées bloquaient toute circulation à travers l’étage. Au premier regard, je trouvai le fouillis un peu trop « artificiel ». Tout semblait trop bien placé pour être naturel et je remarquai quelques objets qui avaient du être ajoutés pour amplifier l’impression de désordre. D’après moi, le gang de voleur qui avaient vécu ici avaient créé de toutes pièces ce décor chaotique pour décourager les survivants d’y chercher de quoi d’intéressant et de bloquer le passage d’infectés attirés par leur odeur. Brillant. De peine et de misère, je me faufilai jusqu'à l’escalier qui, comme je me l’attendais, était en parfait état. Les pillards avaient dû résider au deuxième et l’intervention militaire s’était certainement déroulée ici. Je distinguai grâce à la faible lumière d’une fenêtre vitrail au bout du couloir plusieurs traces de sang sur le sol et les murs. Génial, j’allais aussi devoir retaper la déco. J’avançai jusqu'à la moitié du couloir, jetant un coup d’œil rapide dans chaque appartement lorsqu’un son derrière moi me figea sur place. Un marmonnement – une voix de femme?- suivit d’un son sourd me parvinrent. Je sentis ma respiration s’accélérer dangereusement et je posai délicatement la main sur la crosse du beretta coincé dans ma ceinture. Je ne savais pas si je devais manifester ma présence et perdre l’effet de surprise, ou bien m’approcher furtivement et risquer de surprendre l’autre. Dans le deuxième cas, il devenait impossible de prédire sa réaction, et si cette personne était armée, je pouvais craindre le pire.

Je pris le temps de me calmer et marchai doucement vers la porte ouverte de l’appartement d’où provenais les son .J’étais presque sur d’avoir reconnu certain mots, donc ce probablement pas un infecté. Je n’eus pas besoin de me poser la question de la discrétion plus longtemps, puisque la latte sur laquelle je marchai craqua longuement, telle la plainte languissante d’un violon. Aussi tôt le bruit s’arrêta dans l’appartement.

Je fermis les yeux.

Eh merde.



Dernière édition par Elza Blake le Dim 19 Fév - 18:39, édité 2 fois

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Mer 1 Fév - 6:56

Même face à l’Apocalypse, femmes et hommes ne sont définitivement pas égaux… C’est cette pensée qui accompagna Lorena en dehors du Q.G. d’Hudson. Il y a certaines périodes du mois pendant lesquelles il valait mieux éviter de trop taquiner l’italienne et nous nous trouvions en plein milieu.

Or ces périodes nécessitaient certains objets que la fin du monde avait rendu particulièrement difficile à dénicher. De plus, rester à proximité du coréen lui était devenue insupportable, aussi, avant de l’abattre d’une dizaine d’ogives de 9mm dans le dos, au mépris des ordres de son supérieur, Lorena choisit de se mettre en quête de ses petits objets qui lui éviteraient de souiller ses sous-vêtements, déjà que leur état était fort peu reluisant.

Or de question de demander l'aide d'un de ses comparses testostéronés, elle n'était pas d'humeur à supporter quolibets machistes et sourires moqueurs... Elle accomplirait l'opération "Restore Always Ultra", seule...

* Risquer sa peau pour une boite de serviettes, je suis de plus en plus rationnelle moi… Tu dérailles, ma belle, tu dérailles…*

Lorena ne comptait pas s’éterniser dehors, aussi prit elle le minimum sur elle en moyen de subsistance, de quoi se sustenter pour la journée tout au plus, en sus de ses armes et son équipement standard (GPB, casque balistique, gilet tactique, etc…).
Partie au matin, elle errait depuis de nombreuses heures dans Riverside, fouillant au hasard, les petits immeubles qui peuplaient ce quartier, bien moins dangereux que les officines de pharmacie maintes fois pillées, ou les maisons individuelles et leurs mauvaises surprises tapies dans l’ombre.

Les immeubles permettaient un accès par le toit et au moins deux issues en cas de mauvaise rencontre.

Fouillant un ancien squatt qu’un « nettoyage » en règle avait vidé de ses occupants, elle trouva dans un sac à dos éventré l’objet de ses recherches. Surement d’aucune utilité pour les anciens occupants des lieux comme pour leurs libérateurs, Lorena était en joie, la chance lui souriait, comme quoi tout arrive.

Allumant une de ses précieuses Lucky pour fêter l’évènement, se félicitant à voix basse, elle fut tirée de sa rêverie par le craquement caractéristique d’une lame de plancher de l’autre côté de la porte de l’appartement qu’elle venait de fouiller. Inutile de sortir son fusil de précision, la distance était trop courte, aussi dégaina-t-elle son Sig de son holster, qu’elle prit à deux mains, pointant la porte de l’appartement à mi-hauteur, en position de pré riposte.

Cessant immédiatement tout bruit, elle guetta le prochain. Le silence qui régnait de l’autre côté de la porte était sans appel, l’auteur de ce craquement était vivant, un infecté se serait déjà rué dans la pièce. Qu'il ne s'identifie pas n'était vraiment pas une bonne nouvelle en soi : pillard, maniaque, coréen, français blondinet, ... les menaces potentielles ne manquaient pas.

Toujours aucun mouvement ou bruit, hormis les râles des infectés qui erraient dans la rue. Passablement agacée que sa chance tourne court aussi vite, elle articula doucement et distinctement :

Lorena : Qui que tu sois montres toi, j’ai un somptueux lance grenades M203 pointé sur cette cazzo de porte, t’as trois secondes pour te montrer, les mains vides et bien en vue, avant que je pulvérise la porte, ce putain de couloir, et ta sale petite gueule de figlio de putanna !!! Capiche ???

Le mensonge était un peu gros, mais à moins qu’elle ait été suivie jusqu’ici, prendrait il le risque de se faire pulvériser ? Lorena n’était pas convaincue, mauvais karma oblige…

*Dans quoi je me suis encore foutue moi…*


___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Mer 1 Fév - 21:02

- Qui que tu sois montres toi, j’ai un somptueux lance grenades M203 pointé sur cette cazzo de porte, t’as trois secondes pour te montrer, les mains vides et bien en vue, avant que je pulvérise la porte, ce putain de couloir, et ta sale petite gueule de figlio de putanna !!! Capiche ???

La voix était douce, mais son impact claqua avec rigueur.

Génial. Il fallait vraiment être la pire des connes pour quitter l’enfer du Strip infecté de Las Vegas, découvrir une cité humaine parfaitement sécurisée et aller me fourrer dans une situation comme celle-là. Derrière cette porte entrouverte se trouvait un être armé, une femme prête à m’exploser la gueule sans hésitation. Je l’avais parfaitement senti dans sa voix. Et même s’il s’agissait seulement d’un bluff, je préférais ne pas prendre trop de chance. Pas question de jouer la maline dans une telle situation. Ce n’était pas la première fois que je trouvais dans ce genre de décor, mais les gens que je rencontrais habituellement étaient de pauvres pillards survivants qui préféraient garder les balles pour les infectés. Ici, j’étais dans une ville militaire où les armes pleuvaient littéralement. J’allais devoir réviser mon plan de match.
Je coinçai délicatement le beretta contre mon jeans et mon dos et levai aussitôt les mains au dessus de ma tête. Bordel, j’aurais dû prendre une de mes grenade fumigène, lui balancer à la tronche et foutre le camp…
Je me raclai la gorge et prononça lentement.


- C’est bon! On se calme, j’arrive.

Non sans crainte, (*eh merdre, et si elle déconnait? Si elle avait l’intention de me buter alors que j’ai stupidement les bras en l’air?*) j’avançai lentement jusqu'à me planter devant la porte ouverte. A quelque mètre devant moi, la femme était debout. La première chose que je remarquai fut la gueule sombre du pistolet pointé sur mon cœur. Je gardai les yeux fixé quelques secondes sur ce tube meurtrier, puis je levai deux iris verts sur le visage de mon « interlocutrice ». Un casque encadrait des traits définitivement européens, les lèvres étaient serrées en signe de concentration et les yeux noirs brûlants étaient braqués sur moi. Je devinais sans peine son doigt crispé sur la gâchette, à la limite de l’ultime pression qui pulvériserait ma pompe cardiaque, et mon existence par la même occasion. Je déglutis et repris d’une voix étonnamment calme pour une fille terrorisé. Dieu merci, j’avais le gène du sang-froid.

- Joli bluff, le coup du lance-grenade. J’ai marché cent-mille à l’heure.

J’esquissai un faible sourire. *C’est ça, essaie de sympathiser, fait lui oublier qu’on est en pleine Apocalypse et invite-la à aller prendre un café, question de bavarder de vernis à ongle.*

- Écoute, je ne cherche absolument pas le trouble, je regardais juste pour une planque. Il y a un pistolet chargé dans mon jeans, dans mon dos. J’ai pas du tout l’intention de te causer le moindre problème.

Une idée me passa en tête et je m’adressai une gifle mentale. Il n’y avait pas que des gentils survivants qui se baladaient dans les rues infectées, cette femme était peut-être bien une connasse de voleuse, où pourquoi pas, un tueur à gage. Ce n’était pas mes gentilles promesses de douceur qui allait l’émouvoir… Je décidai de m’avancer sur un autre terrain.

- Je suis médecin et je n’ai aucun argent sur moi, pas le moindre dollar. Je suis simplement passé jeter un coup d’œil.

Pas besoin de vendre la mèche pour la totalité de mon stock en bas. Je serai moins tentante à trucider si elle ne gagnait rien de matériel par ma mort.

Je plongeai les yeux dans les siens. Maintenant, la balle était dans son camp, je pouvais difficilement faire mieux pour sauver ma peau. Cette femme, cette inconnue détenant la totalité de mon futur, tout de que j’étais dans le creux de sa paume, dans la flexion de son doigt. Mais je ne voulais pas simplement être une fille rencontrée et buté au hasard pour elle, je voulais être palpable. Je voulais qu’elle se souvienne de moi par un nom, je voulais la hanter, même au-delà de la mort.


- Je… je m’appelle Elza Blake.

C’était maintenant à cette femme de choisir si je ne deviendrais rien de plus qu’un nom.


Dernière édition par Elza Blake le Dim 19 Fév - 17:28, édité 3 fois

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Ven 3 Fév - 19:26

- C’est bon! On se calme, j’arrive.

Lorena sursauta : *cazzo, c’est une femme, … seule apparement*

- Joli bluff, le coup du lance-grenade. J’ai marché cent-mille à l’heure.

La jeune femme tenta de sourire, mais l’italienne était stressée par le côté inattendu de la situation, craignant que la jeune femme ne fut pas ce qu’elle paraissait être : une survivante fouillant les décombres d’une civilisation en putréfaction, s’attendant à voir surgir un comparse surarmé, les mâchoires d’un quelconque piège se refermant sur elle.

-Écoute, je ne cherche absolument pas le trouble, je regardais juste pour une planque. Il y a un pistolet chargé dans mon jeans, dans mon dos. J’ai pas du tout l’intention de te causer le moindre problème.

*De toute façon j’ai pas vraiment l’intention de te laisser m’en causer*

- Je suis médecin et je n’ai aucun argent sur moi, pas le moindre dollar. Je suis simplement passé jeter un coup d’œil.

Quelque chose intriguait Lorena, d’une simple impression ce sentiment devint un doute, puis elle parvint à identifier la cause de ce malaise. Il provenait de la jeune femme, plus exactement de son corps, son odeur. Une odeur de savon et de shampoing, de vêtements propres, une odeur qu’elle n’avait pas respiré depuis des jours, et encore moins sur elle, et le seul endroit alentours où un tel miracle était possible était… Safepoint… Et elle n'avait jamais vu ou seulement croisé cette femme, elle en était certaine. Un voyant rouge vif marqué "DANGER" s'alluma dans l'esprit de la volcanique italienne.

- Je… je m’appelle Elza Blake.

A peine Elza eut achevé sa phrase que Lorena lui empoigna d’une main le bras gauche, retourna la jeune femme en lui plaquant son P.A. sur la nuque et lui colla le visage contre le mur le plus proche. Le geste était rapide et ferme mais peu violent. Lâchant le bras, elle saisit le Beretta au creux des reins du médecin, rangea son porpre Sig dans son holster :

-Ne bouges pas, je n’en ai que pour un instant... Dans le cas contraire je me ferai une joie de retapisser ce superbe intérieur désign avec ta matière cérébrale.

Lorena éjecta le chargeur du M9, plaça la culasse de l’arme à l’arrière, éjecta la cartouche chambrée tout en plaça sa main gauche au-dessus de la chambre et récupéra la précieuse munition qu’elle replaça dans le chargeur. Puis revenant à la jeune femme, elle palpa rapidement le corps de cette dernière, les reins, le bas ventre, le dos, la nuque, les bras, puis les jambes.

Satisfaite de l’absence de coup fourré, elle fit doucement se retourner la jeune américaine, lui fit un petit sourire en coin, et lui tendant le M9 et son chargeur :

- Maintenant on peut discuter. Lorena,… Lorena Galardi, enchantée, tu excuseras mon manque d’égard et de politesse, et d’une, c’est une grave et irrémédiable lacune dans mon éducation, et de deux, ça n’a jamais arrêté les balles…

Toujours sur la défensive, Lorena commençait cependant à se détendre. En signe d’apaisement elle tendit son paquet de cigarettes à Elza après en avoir prélevé une pour elle-même, la précédente ayant été promptement écrasée lors de l’arrivée de l’américaine :

-Questions simples qui ont toute leur importance pour ton futur immédiat : que fais-tu dans ce charnier qu’est Riverside ? Et qui as-tu croisé à Safepoint, car tu viens bien de Safepoint, non ?

Lorena guetta la réaction de son interlocutrice. Ces dernières semaines avaient été plus qu’éprouvantes pour l'italienne et elle ne tenait pas à tomber dans les filets d’un sbire de Strahford déguisait en survivante fraichement débarquée.

*J'espère ma belle que tu as les bonnes réponses, ou tu vas découvrir que je suis moi-même un excellent chirurgien ... esthétique avec une spécialité dans l'improvisation artistique façon Picasso...*


___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Sam 4 Fév - 11:34

- Je m’appelle Elza Blake.

J’eus à peine le temps de prononcer ce nom qui me contenait toute entière que la main de la femme fusa vers moi. Avec rapidité, elle saisit mon bras, me retourna et m’écrasa contre le mur. Je sentis ma joue érafler douloureusement le plâtre mais la sensation d’un cercle creux et glacé sur ma nuque fut bien pire. La femme tira sur l’arme coincée entre mes reins et je fermis les yeux, frustrée. La chienne allait me voler l’unique arme que j’avais sur moi! J’allais devoir survivre à cet espèce de ninja surentrainé, redescendre au palier et me rééquiper. Si elle ne volait pas la totalité de ce que j’avais acheté, évidemment…

- Ne bouges pas, je n’en ai que pour un instant... Dans le cas contraire je me ferai une joie de retapisser ce superbe intérieur désign avec ta matière cérébrale.

Ah… j’ignorais ce qu’elle faisait, mais au moins, il existait toujours une option où je m’en tirais sans aucun trou dans le corps.

Je l’entendis manœuvrer mon arme, éjecter la cartouche chambrée, puis ses mains se posèrent sur mon corps. Je frissonnais de terreur. Les contacts physiques n’avais jamais été mon fort, mais depuis l’infection, c’était devenu une réelle animosité envers le touché humain. Elle me palpa rapidement et je me félicitai d’avoir renoncé à trainer mon couteau de tranchée. Alors qu’elle promenait les doigts autour des mes mollets, j’eus l’idée de relever brutalement la jambe et de lui casser le nez avec un peu de chance, où du moins lui faire lâcher son arme. Mais je songeai qu’on ne fouillait pas son adversaire avant de lui coller une balle, donc cette intervention me laissait supposer qu’elle n’allait pas me trucider. Je n’allais quand même pas lui donner une raison de croire le contraire…

Comme de fait, elle se redressa et appuya doucement sur mon épaule afin de me retourner. Je retrouvai le contact de ses yeux de braise scrutateur. Puis ses lèvres s’étirèrent en un fin sourire et recula en me tendant mon Beretta accompagné du chargeur.


- Maintenant on peut discuter. Lorena,… Lorena Galardi, enchantée, tu excuseras mon manque d’égard et de politesse, et d’une, c’est une grave et irrémédiable lacune dans mon éducation, et de deux, ça n’a jamais arrêté les balles…

Je lui jetai un regard incrédule. Enfin, cette femme venait de me coller une arme sur la nuque et m’avait chanté qu’elle allait d’exploser la tête en deux langues, et maintenant en l’espace d’une seconde j’étais à nouveau armée et on me faisait tout bonnement la conversation. Je clignais des yeux, incertaine d’avoir véritablement passé un séjour avec le nez pressé contre le plâtre du mur. Avec lenteur, je replaçai le pistolet entre mes reins, déterminée à ne plus le perdre.

En relevant les yeux, je découvris que mon attaquante (Lorena, elle s’appelle Lorena. La ninja a un nom, et tâche donc de t’en souvenir|) me tendait une cigarette. Je reconnu immédiatement un Lucky. À sa simple vue, mon esprit s’embrouilla un instant. Il y avait tant de souvenirs contenus dans ce petit rouleau de nicotine… Je revoyais ses grandes mains agiles maniant le clope avec une dextérité qui trahissait l’habitude, je sentais l’odeur de la fumée qui restait toujours accrochée à ses cheveux, je repensais à la lueur rouge qui brillait dans l’obscurité de la nuit, rassurante confirmation de sa présence lorsque je me réveillais la nuit. Il n’y avait pas meilleure représentation de lui que l’une de ses chère Lucky. Et il y en avait une qui flottait devant mes yeux, entre les doigts d’une femme qui avait faillit me tuer. Silencieusement, je pris la cigarette et la remerciai d’un signe de tête, consciente que ma voix allait trembler si j’en faisais usage.


-Questions simples qui ont toute leur importance pour ton futur immédiat : que fais-tu dans ce charnier qu’est Riverside ? Et qui as-tu croisé à Safepoint, car tu viens bien de Safepoint, non ?

Je relevai immédiatement la tête vers elle. Reste concentrée Elza! Il y avait quelque chose dans ses yeux qui me disaient clairement que sa confiance ne m’était pas totalement acquise. Ce n’était pas le temps de faire un faux pas, pas après survécu à cette rencontre explosive.

- Tu risques de me trouver particulièrement conne.

Je laissai échapper un rire sans joie. Je peinais moi-même à comprendre pourquoi je m’obstinais à me mettre en danger pour sauver des gens qui n’en avait rien à foutre de moi. Surtout quand il existait une jolie cité complètement sécuritaire et que j’avais les moyens d’y résider.

- Je t’ai dit que j’étais médecin hein? Eh bien je suis aussi une putain d’idéaliste qui n’aime pas laisser des gens crever près de moi. Et oui, je viens de Safepoint, mais j’y ai seulement passé quelques heures. Jusqu’il y a quatre jours, je vivais à Las Vegas. J’ai eu la chance de tomber sur un militaire qui avait une jambe cassé et je l’ai aidé à regagner le camp où son unité était située. Il m’a beaucoup parlé de Central, et comme je lui avais légèrement sauvé la vie, il m’a proposé d’embarquer avec eux. Mais quand j’ai su qu’il y avait un quartier ou les conditions de vie était identique à partout ailleurs j’ai…

Je réfléchis au mot qui décrirait le mieux ce sentiment. Car je savais que peu de gens le comprenait, surtout en cette période ou l’individualisme trônait sur l’entraide.

- Eh bien j’ai décidé de venir jeter un coup d’œil. Juste voir si je pourrais venir en aide à quelqu’un et… et pourquoi pas m’installer ici, redonner un semblant de normalité à ce quartier. On m’a dit qu’un tas de gens erraient ici, alors, je me suis dit qu’un médecin ne serait pas de trop…

Je ne pensais pas qu’elle me croirait. Pas maintenant. Pas alors que le monde s’écroulait. Et pourtant, j’avais le sentiment que lui inventer une autre raison aurait d’autant plus mal passé. Alors autant dire la vérité, aussi invraisemblable soit-elle.
Je coinçai la cigarette dans la poche avant de mon jeans. En relevant la tête, j’aperçu derrière Lorena un sac à dos ouvert. En plissant les yeux, je reconnu l’emballage coloré que j’avais moi-même acheté à un nombre incalculable de fois. Étrangement, je ressentis une incroyable bouffée d’affection pour cette inconnue. Je ne la connaissais en rien, mais soudainement, je me sentis proche d’elle comme je ne l’avais jamais été avec bien des gens. Simplement parce que nous étions ici, au lendemain de la fin du monde, qu’elle s’était adressée à moi avec sa voix avant d’utiliser celle de son arme, qu’elle m’avait souris et que comme moi, elle s’ébattait pour survivre. Je n’aurais jamais cru pouvoir céder ma confiance avec autant de facilité à cause d’un sac de serviette hygiénique. Mais cela me montrait une chose, elle était humaine, vulnérable.

Je relevai les yeux vers elle. Qui qu’elle soit, elle ne me faisait plus peur. Plus maintenant.


- Tu ne me crois surement même pas. Mais je m’en fous, de toute façon. Je ne te connais pas du tout, Lorena, mais tu es comme les centaines d’autres que j’ai vus depuis le début de cette salope d’infection. Tu veux survivre. Et figure toi que c’est ce que je veux aussi. Mais je ne pourrais pas le faire avec une conscience plombé. Je suis médecin, j’ai choisi de dédier ma vie aux autres, c’est comme ça que je parviens à me sentir vraiment vivante. Et cette saloperie de virus n’y changera rien. Tu veux vraiment savoir ce que je fais ici? Je vais ouvrir une putain d’infirmerie. Je vais laisser la chance à ceux qui n’ont pas de quoi se payer Safepoint de survivre. Voilà ce que je vais faire.

Je plantai les yeux dans les siens. J’aimais bien cette femme. Mais je savais que si elle ne me croyait pas, j’allais devoir espérer atteindre mon pistolet et le recharger avant qu’elle ne m’explose la tête.


Dernière édition par Elza Blake le Dim 19 Fév - 17:30, édité 1 fois

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Sam 4 Fév - 19:22

La question avait l’air de la surprise, à moins qu’il ne s’agisse de sa propre réponse. Lorena cala ses yeux dans les siens quand elle articula :

- Tu risques de me trouver particulièrement conne.

*Non, pas spécialement, du moins ta couleur de cheveux te laisse le bénéfice du doute *

Tirant sur sa cigarette, Lorena fut surprise par le petit rire de l’américaine qui enchaina immédiatement, alors que l’italienne noyait son visage dans un nuage nicotinée :

- Je t’ai dit que j’étais médecin hein? Eh bien je suis aussi une putain d’idéaliste qui n’aime pas laisser des gens crever près de moi. Et oui, je viens de Safepoint, mais j’y ai seulement passé quelques heures. Jusqu’il y a quatre jours, je vivais à Las Vegas. J’ai eu la chance de tomber sur un militaire qui avait une jambe cassé et je l’ai aidé à regagner le camp où son unité était située. Il m’a beaucoup parlé de Central, et comme je lui avais légèrement sauvé la vie, il m’a proposé d’embarquer avec eux. Mais quand j’ai su qu’il y avait un quartier ou les conditions de vie était identique à partout ailleurs j’ai…

Las Vegas, militaires, Safepoint, la paranoïa de la napolitaine se réveilla aussi soudainement que le Vésuve. Ce trajet ne pouvait être un hasard…pas en ce oment…

- Eh bien j’ai décidé de venir jeter un coup d’œil. Juste voir si je pourrais venir en aide à quelqu’un et… et pourquoi pas m’installer ici, redonner un semblant de normalité à ce quartier. On m’a dit qu’un tas de gens erraient ici, alors, je me suis dit qu’un médecin ne serait pas de trop…

Etrangement Elza avait l’accent de la vérité et un regard que Lorena connaissait bien. Un regard qu’elle n’avait trouvé que chez… Laura. Certes les deux jeunes femmes n’avaient rien en commun physiquement, et leurs caractères étaient tellement dissemblables.

*Laura….tu n’imagines pas à quel point tu manques ici, tu ME manques tout court…*

L’américaine jeta un œil sur l’objet de la quête de Lorena, qui ne put s’empêcher de rougir légèrement et troubla sa réflexion quant à savoir si elle devait accorder un minimum de crédit à cette histoire de bon samaritain.

Elza releva les yeux. Son regard était franc : un soupçon d’innocence et une farouche volonté…

- Tu ne me crois surement même pas. Mais je m’en fous, de toute façon. Je ne te connais pas du tout, Lorena, mais tu es comme les centaines d’autres que j’ai vus depuis le début de cette salope d’infection. Tu veux survivre. Et figure toi que c’est ce que je veux aussi. Mais je ne pourrais pas le faire avec une conscience plombé. Je suis médecin, j’ai choisi de dédier ma vie aux autres, c’est comme ça que je parviens à me sentir vraiment vivante. Et cette saloperie de virus n’y changera rien. Tu veux vraiment savoir ce que je fais ici? Je vais ouvrir une putain d’infirmerie. Je vais laisser la chance à ceux qui n’ont pas de quoi se payer Safepoint de survivre. Voilà ce que je vais faire.

Elle regardait l’italienne sans haine, un brin de complicité ou d’attirance dans le fond des yeux. Une étrange jeune femme que cette Elza Blake qui empruntait un chemin dangereux qu’elle-même connaissait bien.

- Non hélas, je ne suis pas si commune je… Un bruit caractéristique stoppa net Lorena dans sa tirade, un écho métallique dans une voix en sourdine.

Lorena plaqua son index sur ses lèvres, intimant à Elza de ne plus faire le moindre bruit, et précautionneusement, se rapprocha du couloir.

Au loin, près de l’escalier desservant l’étage deux voix masculines et le crépitement d’une radio en sourdine

Voix au loin : Echo 22-3 est formel, c’est Galardi, elle est bien rentrée dans ce batiment et ils ne l’ont pas vue ressortir

Seconde Voix au loin : Tu parles, c’est Becker aux jumelles, il trouverait pas son chemin pour rentrer au Q.G., alors une tête mise à prix $10.000… Cette reco est bidon, ça donnera rien. Et au cas où, quels sont les ordres ?

Voix au loin : Simple, Strathford veut sa tête, on la bute et on ramène sa tête, point barre.

Seconde Voix au loin : j’ai jamais vu sa gueule, elle ressemble à quoi ?

Voix au loin : Aucune idée, je suis arrivé une semaine avant toi, avec les premiers renforts, c’est une brune, européenne, c’est tout ce que je sais.

Seconde Voix au loin : ben on butera toutes les brunes encore vivantes dans ce bâtiment, c’est bien le diable si y en a plus d’une dans ce bourbier…


Les yeux de Lorena s’exorbitèrent, avant de tourner sa tête vers Elza, lui murmurant - Primo je te crois, ou du moins je te laisse le bénéfice du doute. Secundo, voilà le résultat de mon côté utopiste : une masse d’emmerdes incommensurables, ou je plonge régulièrement ceux que je croise… puis prenant la main d’Elza - Suis moi, si ils te trouvent ils t’abattront sans sommation … bienvenue dans mon monde !!!

Lorena l’entraina jusqu’au balcon de l’appartement, deux étages plus bas, trois rôdeurs plutôt mal en point erraient sans but dans la rue encombrée d’épaves de tout type et de tout modèle.

Une poignée de secondes, elles avaient tout au plus quelques dizaines de secondes avant que les deux militaires qui exploraient bruyamment les appartements un par un ne parviennent jusqu’à elles.

___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Dim 5 Fév - 20:27

Le regard que Lorena levait sur moi était étrangement plus apaisé que celui qu’elle m’avait adressé derrière le canon de son arme. En fait, je commençais même à croire que mon histoire (aussi vérédicte que tirée par les cheveux) l’avait convaincue. Elle prit une grande inspiration avant de déclarer :

- Non hélas, je ne suis pas si commune je…

Elle s’interrompu brutalement et plaqua un doigt sur ses lèvres. Avec l’agilité d’un chat, elle glissa avec souplesse le long du mur jusqu'à la porte. Comme j’avais déjà eu l’occasion de mesurer le degré de fiabilité des lattes de bois quant à la discrétion, je décidai de rester sur place et de tendre l’oreille.

Voix au loin : Echo 22-3 est formel, c’est Galardi, elle est bien rentrée dans ce batiment et ils ne l’ont pas vue ressortir

Seconde Voix au loin : Tu parles, c’est Becker aux jumelles, il trouverait pas son chemin pour rentrer au Q.G., alors une tête mise à prix $10.000… Cette reco est bidon, ça donnera rien. Et au cas où, quels sont les ordres ?

Voix au loin : Simple, Strathford veut sa tête, on la bute et on ramène sa tête, point barre.

Seconde Voix au loin : j’ai jamais vu sa gueule, elle ressemble à quoi ?

Voix au loin : Aucune idée, je suis arrivé une semaine avant toi, avec les premiers renforts, c’est une brune, européenne, c’est tout ce que je sais.

Seconde Voix au loin : ben on butera toutes les brunes encore vivantes dans ce bâtiment, c’est bien le diable si y en a plus d’une dans ce bourbier…


Un frisson me passa du creux des reins jusqu'à la nuque. Je ne savais définitivement pas qui était cette femme, mais apparemment, elle était dans un merdier assez profond. Malheureusement pour moi, j’avais un faciès péruvien qui pouvait facilement me faire passer pour une italienne. Sans compter que j’avais aussi les cheveux bruns. Donc aussi sympathique que soit Lorena, elle venait de me mettre cruellement en danger, et au regard qu’elle leva sur moi, je vis qu’elle le savait.

- Primo je te crois, ou du moins je te laisse le bénéfice du doute. Secundo, voilà le résultat de mon côté utopiste : une masse d’emmerdes incommensurables, ou je plonge régulièrement ceux que je croise…

Elle refit un pas en avant et attrapa ma main. Je me mordis la lèvre, m’efforçant d’oublier ma haine de cette sensation tactile, consciente que le contact des balles serait encore plus désagréable.

- Suis moi, si ils te trouvent ils t’abattront sans sommation … bienvenue dans mon monde !!!

Elle tira sur mon bras et m’entrainas jusqu’au balcon de l’appartement. Le pas des deux hommes dans le couloir résonnait douloureusement à mes oreilles. Ils n’étaient qu’a une porte de la nôtre, et le sac plein de serviettes hygiéniques allait les convaincre qu’ils étaient dans le bon appartement.

Je jetai un coup d’œil à la rue. Trois rôdeurs étaient juste sous nous, mais je savais qu’au moindre coup de feu, nous en aurions au moins une vingtaine au cul. Je ne pensais pas que cette histoire se règlerait sans balles, alors se laisser tomber dans la rue n’était pas une excellant idée. Nous devrions gérer deux hommes bien entrainé qui nous tirerait dessus d’un point surélevé et une tonne de zombies sanguinolents. Je me penchai et observai le balcon d’en dessous. Nous y aurions facilement accès, et si nous étions suffisamment silencieuse, ces types ne remarqueraient rien et continueraient de fouiller l’étage restant.

En plus, j’avais laissé la totalité de mon stock près de la porte. Assurément, les militaires avaient employés l’autre accès, autrement il y en aurait un avec une jambe de coincé entre mon piège à ours. Si nous pouvions traverser le premier étage dévasté, nous aurions accès à toutes mes armes et mes quelques 6000 munitions.

Toute cette réflexion n’avait duré qu’une seconde. À Harvard, je n’avais peut être pas appris à sauver ma peau dans une survie post-apocalyptique, mais j’avais été habitué à analyser rapidement et froidement les faits. Je tournai la tête vers Lorena. J’ignorais ce qui se passait dans la tête de cette femme, il existait peut être une manœuvre précise pour ce genre de situation, mais je ne la connaissais pas, et elle ne me laissait pas croire le contraire pour le moment. Enfin merde, elle m’avait légèrement foutu dans ce bourbier incommensurable, j’osais espérer qu’elle allait au moins me sauver la vie. Mais comme je n’étais pas du genre a attendre patiemment de crever, j’enjambai la balustrade et me laissai pendre dans le vide par la force des poignets. Je cherchai avec la pointe des pieds la clôture du balcon de l’étage inférieur. Une fois stabilisé, je levai la tête vers Lorena et lui chuchotai :

- Grouilles! J’ai des armes et un tas de munitions, alors bouge ce cul!

Sans me préoccuper de si elle me suivait bel et bien (bon, je n’avais pas spécialement envie qu’elle meure, mais si elle y tenait, tant pis pour elle) je me laissai tomber le plus silencieusement possible sur le sol en béton du balcon. Maintenant, il n’y avait que quelques mètres entre moi et cette précieuse caisse de munition.


Dernière édition par Elza Blake le Dim 19 Fév - 17:32, édité 1 fois

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Mer 8 Fév - 12:51

Lorena regarda avec une certaine appréhension la manœuvre de l'américaine, elle avait elle-même horreur de ce type d'exploit, surtout si un duo de barbouzes surarmés était sur ses talons.

- Grouilles !!! J’ai des armes et un tas de munitions, alors bouge ce cul! lâcha Elza avant de disparaître dans l'appartement situé à ses pieds.

- Comment elle me parle la gamine ??? J'y crois pas... Puis qu'est ce qu'il a mon cul, t'as pas vu le tien ? Non mi rompere le palle !!! marmonna Lorena, vexée de n'avoir pas eu le temps de placer une répartie cinglante...

L'italienne n'avait pas le choix, elle enjamba le balcon, certaine que le pire était à venir : *Cazzo...mais qu'est ce que je fous ? A chaque fois que je me lance dans ce type de cascade à la Jet Li, je finis toujours le corps en morceau. Sur ce coup là, mon samaritain de médecin n'aura qu'à me couler directement dans un bac de plâtre, vu le nombre d'os que je vais me rompre après la chute qui m'attend*

Laissant tomber ses jambes dans le vide, puis son corps tout entier, elle cherchait du bout du pied , le balcon de l'appartement du 1er étage, quand elle entendit le crépitement des radios portatives des deux militaires, à quelques mètres d'elle dans le couloir.

- Par le balcon !!! Ces deux putes se barrent par le balcon !!! L'appartement sur votre gauche!!!

*La poisse, un guetteur qui a vu sur cette façade de l'immeuble...*

Lorena trouva en urgence un appui, lâcha ses prises et parvient tant bien que mal à utiliser le balcon inférieur pour atterrir saine et sauve à la suite d'Elza.

L'italienne sentit le souffle du projectile avant d'entendre le coup de feu. L'ogive de gros calibre venait de l'extérieur du bâtiment, d'un léger oblique par rapport à la perpendiculaire du bâtiment.

- SNIPER !!! AU SOL ELZA !!! hurla Lorena sans vraiment être sure que la jeune médecin comprendrait le pourquoi de ses paroles. Elle-même plongea immédiatement au sol, puis commença à ramper aussi vite que son attirail le lui permettait.

Dans le batiment, deux paires de rangers étaient en train de descendre au pas de course l’escalier entre le 2nd et 1er étage, quant au sniper il s’en donnait à cœur joie.

Réfugiée derrière une cloison intérieure de l’appartement, plaquée contre le sol, l’italienne sursautait à chaque impact au-dessus de sa position, du plâtre tombant sur elle à cahque fois q’un projectile transperçait la frêle cloison. Le tireur semblait avoir deviné sa position et tirait au jugé.

Lorena tourna lentement la tête vers l’américaine, espérant qu’elle avait trouvé un abri. Quand elle réussit à trouver son regard elle lui murmura :

- Enfuis toi, inutile de mourir pour un combat qui n’est pas le tien, je vais me demmerder, ce ne sont pas deux feminielli en treillis et un imbranato qui se croit à Sarajevo qui vont réussir à me fermer ma grande gueule… des paroles faciles, certes, car la peur transpirait littéralement des yeux de la napolitaine.

___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Jeu 9 Fév - 21:22

Avec l’agilité d’un serpent (du moins, dans ma tête), je me glissai sous une poutre en bois. Derrière moi, Lorena grommelai quelque chose à propos de mon propre derrière, ce qui amena un léger sourire sur mes lèvres. Je ne connaissais pas cette femme, mais je l’aimais bien.

Comme j’avançais lentement, et je devais avoir parcouru le tiers de l’étage dévasté lorsque la voix de ma nouvelle copine résonna à mes oreilles, suivant de peu une détonation.


- SNIPER !!! AU SOL ELZA !!!

Heureusement que le tireur ne m’avait pas en mire, car je mis cinq bonnes secondes à comprendre le sens de sa répartie. J’eus le temps de me retourner et de voir Lorena plonger au sol avant de penser à me planquer moi-même. Avec une légère maladresse, je pressai mon corps contre la moquette, derrière un comptoir de cuisine lourdement abimé.

Une fois cachée, je fermis les yeux et posai machinalement une main sur ma poitrine. Sous ma frêle camisole de coton, mon cœur s’acharnait à jouer la première séquence de l’Hiver en Allegro de Vivaldi, remplaçant les violons par ses battements frénétiques. Je n’avais jamais été aussi paniquée de toute ma vie. À Las Vegas, ce genre de situation ne se présentait jamais. Personne n’avait de sniper, personne n’avait de radio et personne n’avait pour unique but la mort d’une personne en particulier! Si j’avais des problèmes avec quelqu’un d’armé, il s’agissait toujours d’un survivant éreinté qui voulait me voler pour mieux survivre. Les objectifs tournaient uniquement autour de la survie immédiate. Or, ces hommes avaient reçu des ordres, ils étaient en mission! La simple idée qu’on puisse m’éliminer par précaution me semblait affreusement illogique. J’étais terrorisé. Enfin merde! J’avais appris à recoudre des gens et à soigner des mômes morveux qui piquaient un rhume, pas à me battre avec un commando d’élite super-armé! Je n’avais rien à faire ici, strictement rien.

Je pris une ou deux respirations, m’efforçant d’ignorer les sifflements des balles et les pas des deux soldats. Je devais me calmer, retrouver mon sang-froid, laisser la gamine terrorisée couchée au sol et reprendre mon rôle de froide analyste. Je rouvris les yeux, juste à temps pour capter le regard de Lorena. Recroquevillée sous un pan de murs détruit, elle sursautait à chaque impact. Apparemment, le tireur avait deviné sa position et s’efforçait avec application de transformer son abri en un tas de poudre de plâtre. Je fus surprise d’entendre sa voix, douce et calme sous le feu ennemi.


- Enfuis toi, inutile de mourir pour un combat qui n’est pas le tien, je vais me demmerder, ce ne sont pas deux feminielli en treillis et un imbranato qui se croit à Sarajevo qui vont réussir à me fermer ma grande gueule…

J’aurais adoré croire ses paroles. J’aurais vraiment aimé foutre le camp, oublier cette femme qui m’avait poussé à grand coup de pied au cul dans les emmerdes. Mais voilà, aussi déterminée que j’étais à survivre, je ne pouvais ignorer ses yeux. Ses grands yeux brûlant du soleil d’Europe, ses yeux qui m’avaient semblés à la fois cruellement vide et dangereusement plein. Des yeux qui en avaient vu plus qu’une seule existence ne devraient en voir, des yeux de deux milliards d’années qui avaient déjà connu le pire et qui s’auraient s’accommoder à ce nouveau monde. Et dans ces yeux que j’aurais crus impénétrable, je voyais une faille, un craquement. Elle avait peur. Ses chances de survie étaient carrément nulles, elle le savait.

Je ne pris même pas la peine de réfléchir. De toute façon, autant ne pas trop me perdre sans les méandres de la réflexion, il s’agirait seulement d’une torture supplémentaire. Il valait mieux agir, sans trop penser.Je relevai le menton et forçai un sourire, d'avantage pour me rassurer moi-même.


- Tu déconnes? Ces types sont en train de canarder ma nouvelle maison. Et si je les laisse te buter, je vais devoir nettoyer le sang par après. Alors rend moi service et garde toute ton hémoglobine dans tes veines, dacc?

Un grand bruit résonna près de l’escalier, suivi d’un juron. Apparemment, les militaires venaient d’atteindre le bas de l’escalier, un endroit particulièrement dévasté ou quelques plaques de tôle avaient été placée afin de déchiqueter les passants.
Je retournai immédiatement la tête vers Lorena, l’air beaucoup plus sérieux.


- Coincées entre les deux, on est fichues. Si tu bouges, tu te fais dépecée par le sniper. Je vais traverser l’appartement par la droite, ils ne me verront pas.

Je n’en n’étais pas vraiment certaine, mais un peu d’optimisme ne pouvait pas être de trop.

- Je largue une bombe fumigène vers toi dès que j’arrive à ma caisse. Tu lanceras un roche, ou un truc, qu’importe, vers la gauche pour attirer leur attention par là et plaque toi tout de suite vers la droite que je ne te fusille pas.

J’aurais bien aimé prendre davantage de temps afin de pondre un joli plan, schémas et séances pratiques à l’appui, malheureusement, j’entendais déjà le premier militaire qui parvenait à échapper aux tôles tranchantes.

Je lançai un ultime regard à cette inconnue pour qui je mettais ma vie en danger, bien consciente que je ne la reverrai probablement pas, et rampai vers le mur. Avec difficulté, je me faufilai le long du divan éventré, tâchant d’éviter de lever la tête trop haut où bien d’accrocher quelque chose avec mes pieds. Heureusement, le bruit des balles et les vociférations des types camouflaient les légers écarts sonores que je commettais. J’entendis un premier « Je la vois! » suivis d’un coup de feu et je serrai les dents, espérant que Lorena aie évité le projectile.

*Ne crève pas, ne crève pas, je t’en pris, ne crève pas!*

Je ne parvenais plus à différencier la nature des coups de feu derrière moi. Les devinant trop concentré pour m’entendre, j’hâtai le pas, prenant davantage de risque. Finalement, j’atteignis l’endroit ou j’avais planqué ma caisse. Rapidement, je tirai sur l’ouverture en carton et plongeai les bras à l’intérieur, les yeux rivés sur mon matériel. Je trouvai le pistolet et mon silencieux avant les bombes. Alors que je plaçais en chargeur en place, j’entendis un grognement et je relevai les yeux. Devant, dans l’embrassure de la porte, se tenait un infecté passablement décomposé, un œil en moins et la mâchoire pendante. Ça avait dû être une femme, vu ses long cheveux blond sale et sa jupe écossaise. Surprise, je ne pu retenir un cri, pourtant bien consciente qu’un hurlement détruirait l’effet de surprise.

J’eus à peine le temps de mettre une balle dans la tête du zombie avant d’entendre les soldats.


- L’autre est là-bas! Laisses pas cette chienne s’en tirer!

Rageant contre moi-même, je tirai sur la goupille de la bombe fumigène et la lançai dans leur direction, espérant que l’effet serait suffisamment puissant pour les atteindre. Malheureusement, mes réflexes étant ce qu’ils sont, je n’eus pas du tout le temps d’envoyer cette dose de fumée avant d’être repéré et pointé. La première balle frôla ma hanche, creusant un sillon sanglant le long de l’os. Tristement, la seconde passa sous la clavicule droite, traversant mon corps de part en part. Je lâchai un autre hurlement, les larmes aux yeux et saisit mon membre blessé. Je n’avais pas le temps de vérifier le degré de gravité, mais je savais que les policiers tiraient exactement à cet endroit pour atteindre un kidnappeur derrière un otage afin de ne pas tuer ce dernier. Je me raccrochai à ce faible espoir, repris mon pistolet et visai aléatoirement, tirant vers les éclats de lumière.

*Grouille toi Lorena, si tu es encore en vie, cesse d’être égoïste et viens m’aider, je t’en supplie!*

[HRP -25 pdv, blessure par balle dans l'épaule, éraflure sur la hanche, rythme cardiaque très haut

et parce que j'aime beaucoup la précision Very Happy :
Spoiler:
]


Dernière édition par Elza Blake le Dim 19 Fév - 17:33, édité 1 fois

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Ven 10 Fév - 8:42



- Tu déconnes? Ces types sont en train de canarder ma nouvelle maison. Et si je les laisse te buter, je vais devoir nettoyer le sang par après. Alors rend moi service et garde toute ton hémoglobine dans tes veines, dacc?

La remarque fit sourire l’italienne, si ce n’était la situation dramatique, elle aurait surement ri aux éclats.

- Coincées entre les deux, on est fichues. Si tu bouges, tu te fais dépecée par le sniper. Je vais traverser l’appartement par la droite, ils ne me verront pas.

Avant que Lorena ait pu dissuader la téméraire Elza, cette dernière c’était élancé vers son destin.

*Folle…cette fille est folle…*

Les deux barbouzes étaient maintenant tout près, Lorena sortit doucement son Sig de son holster de cuisse, s’accrochant à la crosse de son arme comme à sa vie.

Bouger, il lui fallait bouger mais trop tard elle était repérée. Une rafale de M4 cribla la cloison derrière laquelle elle s’était réfugiée, quelques centimètres au-dessus de sa tête.

Roulant sur le flanc, tendant les bras parallèlement au sol, son arme pointée vers la cloison, elle vida au hasard la moitié de son chargeur.

Derrière celle-ci à quelques mètres, des cris, de rage ou de surprise suivant l’auteur. L’italienne en profita pour ramper quelques mètres de plus vers le balcon, sa seule issue, quand elle entendit l’un des deux soldats hurler au second :

- L’autre est là-bas! Laisses pas cette chienne s’en tirer!

Ce qui restait de conscience à Lorena lui souffla le brin de courage qui lui manquait, et alors que son corps tout entier lui hurlait de sauter par le balcon et de disparaitre, elle se redressa d’un bond. Au même moment une grenade fumigène explosa sur sa droite. Profitant de l’effet de surprise et avant que son adversaire ne réagisse, elle se jeta sur la cloison fortement amochée et criblée d’impacts.

Le plâtre ne résista pas à l’assaut de la frêle jeune femme, et cette dernière le traversa comme un mur de papier. A moitié aveuglée par sa manœuvre désespérée, ses yeux brouillés par la poussière de plâtre, Lorena distingua plus qu’elle ne vit le soldat qui s’était tourné un instant vers la grenade fumigène qui venait d’atterrir quelques mètres derrière lui. Celui-ci leva son arme vers l’italienne qui déjà, appuyait sur la queue de détente de son arme. Quatre coups de feu claquèrent, deux touchèrent la cible qui s’écroula sur le dos dans un cri de douleur.

Essuyant rapidement d’un revers de manche ses yeux, Lorena chercha le second militaire en balayant la pièce maintenant enfumée de son arme. Crachant toussant, elle perçut plusieurs coups de feu face à elle.

D’autres tir claquèrent de l’autre côté du bâtiment. Lorena se précipita et comprit en un éclair la scène qui était en train de se jouer quand elle sortit du nuage de fumée artificielle créé par la grenade fumigène.

Elle était sortie trop précipitamment du nuage, ses foulées l’avaient poussée trop loin, elle se trouvait à moins de deux mètres du second militaire qui déjà se retournait vers l’italienne en proie à une quinte de toux.

D’un coup de crosse le barbouze priva Lorena de son Sig qu’elle tentait de pointer sur lui. Aussi profitant de son élan elle se jeta sur lui, le renversant sur le dos, et dégainant son couteau de combat qu’elle tenta de planter dans la gorge de son adversaire. Celui-ci délaissant son arme d’épaule, plaça une puis deux mains sur la trajectoire du bras armé de la napolitaine, stoppant la lame à deux centimètres de sa gorge. S'engagea alors une lutte à mort au sol, la jeune femme allongée sur son adversaire appuyant de tout son poids sur son bras armé.

Le militaire était bien plus fort que l’italienne pour qui la situation était bloquée, malgré ses efforts son arme était en train de reculer de son objectif. Soudainement le militaire lâcha d’une main sa prise sur le poignet droit de Lorena et de sa main droite saisit la gorge de l’italienne.

Les cinq doigts du GI étaient plantés dans sa chair et se resserraient dangereusement. Lorena étouffait déjà, tentant de sa main gauche de faire cesser l’étreinte mortelle.

- Tu vas crever petite salope !!! cracha entre ses dents le militaire, son visage défiguré par l’effort et la rage.
La jeune femme cherchant son air et une issue qui ne fut pas fatale, elle aperçut alors les pieds d’Elza réfugiée derrière une caisse.

S'arquant soudainement, le GI parvint à retourner complètement l'italienne et la situation à son avantage : faisant rouler Lorena sur le côté, ce fut au tour de cette dernière de se retrouver sur le dos, son adversaire sur elle. L'étranglement n'en fut que plus puissant, et son couteau d'autant plus inefficace.

- Elzaaaaaa…. réussit à sortir Lorena d’une voix rauque et pathétique de sa trachée écrasée. En toute franchise, comme dernière parole, Lorena aurait souhaité quelque chose de plus percutant qu'un prénom vaguement gargouillé dans un moment d'impuissante face à une mort imminente...

- 11 cartouches de 9mm reste 04/15 et deux chargeurs 15/15
- 4 Pdv dûs à l'étranglement, au bord de l'asphyxie
HRP : parce que si je ne suis pas, moi aussi, précise je vais passer pour une truffe ...big smile

Spoiler:

___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Mar 14 Fév - 0:10

J’entendais les battements de mon coeur couvrir le son des balles, la douleur qui vrillait dans mon épaule était intolérable. Mon nuage de fumé avait suffisamment déstabilisé les militaires pour qu’ils s’inquiètent davantage de la femme armée et bien entrainée que du pauvre médecin blessé et secoué que j’étais. Comme les sons de bataille étaient suffisamment loin de moi et que j’étais hors de vue, je décidai de prendre soin de mon deltoïde transpercé.

La main tremblante, fouillai dans ma caisse, pressée contre la caisse en bois, alternant mon regard entre le champ de bataille et la rue qui se remplissait de plus en plus d’infectés. Une fois ma trousse de secours dénichée, je me laissai guider par cette gestuelle tellement acquise qu’elle faisait littéralement partie de moi. Je jetai un premier coup d’œil sur la plaie en grimaçant. Les bords déchiquetés laissaient entrevoir un cercle parfait. Comme le sang s’écoulait abondamment, mais à rythme régulier, je m’apaisai un peu. L’artère n’avait pas été touchée. En une torsion douloureuse, je parvins aussi à observer la blessure de sortie. Apparemment, mon omoplate avait été complètement transpercée. Je devais espérer ne pas avoir reçu de fragments d’os car les retirer moi-même serait un véritable travail de tâtonnement. Avec agilité, je débouchai la solution d’iodure, imbibai généreusement un tampon et nettoyai ma plaie le plus rapidement possible. Ensuite, j’attrapai une large bande de coton triangulaire et recouvris rapidement ma plaie. Pas question de laisser la chair à vif dans un environnement aussi infecté et merdique que celui-ci. J’interrompis ma manœuvre le temps de planter deux cartouches de 9 mm dans la tronche d’un rôdeur puis je repris à la hâte mon travail de bandage.

Je terminai de serrer le nœud en tirant avec mes dents. Ce n’était pas du grand art médical, mais compte tenu de la situation, ce n’était pas si mal. Aussitôt après, je relevai la tête afin d’observer l’évolution du carnage devant moi. J’avais perdu beaucoup de sang et je me sentais dangereusement étourdie. Pourtant je plissai les yeux, m’efforçant de conserver ma concentration. Finalement, ce fut une rasade de balle sur le mur à côté de moi qui me ramena définitivement à la réalité. Je me jetai derrière la caisse, chargeant mon pistolet.

Je m’attendais à une autre attaque, mais un bruit de chute suivi d’une lutte corporelle au sol me parvint. J’hésitai jusqu'à ce que la voix étouffée de Lorena se glisse jusqu'à ma consciente. Cette femme était en train de mourir et elle murmurait mon nom. Il y avait quelque chose de douloureusement émouvant dans la voix de cette inconnue qui ne devait sa survie qu’a ma seule intervention.

Avec l’intention d’égorger le militaire, j’attrapai mon couteau de tranchée et me levai. Par un quelconque miracle (il devait bien m’arriver un truc de bien aujourd’hui…) j’aperçu en levant les yeux le canon d’un long fusil sniper qu’on pointait dans ma direction. En moins d’une seconde, j’avais pivoté sur mes pieds et je m’étais pressé derrière une large poutre en bois. Il ne m’avait fallu qu’une seule balle dans le corps pour développer mes réflexes! Pavlov serait fier de moi…

Apparemment, le sniper s’était inquiété du revirement de situation et était venu appuyer son arme contre le rebord de la fenêtre ouverte. J’avais eu une chance inouïe de distinguer la gueule sombre et le pointeur laser avant de me retrouver avec le crâne percé. Cela me confirma aussi que Lorena s’était débarrassée de l’autre attaquant.
Mais maintenant, la situation était beaucoup plus compliquée. Comme le militaire lui tournait le dos, le tireur d’élite ne pouvait risquer de buter Lorena sans trucider son copain en même temps. Moi par contre, j’étais une cible de choix, et sa présence m’empêchait de venir en aide à la femme en pleine asphyxie. Malheureusement, de cette nouvelle position, je ne pouvais plus voir les deux corps étroitement enlacés au sol. De toute façon, tirer aurait été trop hasardeux pour moi aussi.

Je devais impérativement me débarrasser de ce foutu sniper, autrement Lorena allait délicatement crever devant moi, mon nom éternellement figé sur ses lèvres. Si je pouvais seulement l’empêcher de me voir… dommage que l’effet de la bombe fumigène aie été aussi court.

Je jetai un regard désespéré vers l’escalier. Si je parvenais à courir jusque là, je serais à l’abri du sniper et suffisamment près pour attaquer ce connard qui continuait de s’acharner sur la gorge de Lorena. Ses yeux étaient révulsés et elle avait cessé de s’opposer à l’attaque par manque de force. Je n’avais plus le temps de penser.
Sans vérifier si un minuscule point rouge était aligné vers moi (si je crevais, ça serait rapide et je ne sentirais rien au moins), je bondis de ma cachette, revolver en main tout en poussant un cri. Comme je l’espérais, le militaire cessa d’étrangler la femme inanimée et se tourna vers moi. Il dû être vachement surpris de recevoir une belle décharge de cinq balles en plein visage mais il ne fit aucune remarque à ce sujet et s’effondra sur le corps de ma nouvelle amie (je suppose que dans ces conditions, je pouvais la considérer comme ma copine…) la tête transformée en bouillie de cartilage et d’os. Mes mains tremblaient et j’haletai difficilement. Mes yeux étaient fixés sur ce qui restait de l’homme. J’avais tué ce type. Je venais de l’éliminer froidement, je…

Je n’eus pas le temps d’y penser davantage, car j’entendis le sniper pousser un juron et s’éloigner en courant de la fenêtre. Je ne pris même pas la peine de m’assurer qu’il était bel et bien parti et je me précipitai sur le cadavre du militaire


- Bouge de là! Lorena, bon dieu tu es encore en vie? Je t’interdis de crever connasse, t’as pas le droit de me laisser dans un bousier pareil toute seule!

J’entendis les pas du sniper qui contournait le bâtiment par la droite. Il allait atteindre l’autre porte et allait pouvoir nous tirer comme bon lui semblait. Nous devions bouger de là.

Sans vérifier son état, j’attrapai Lorena par les aisselles, grimaçai face à la protestation de mon épaule blessée, et la tirai de toute mes forces vers la cloison sur notre gauche. Nous ne serions pas en sécurité longtemps, mais nous n’avions ni le temps ni la force de fuir davantage.

Je me blottis contre le mur et fermis les yeux. Une douloureuse chaleur glissait le long de mon bras, m’annonçant que ma blessure avait recommencée à saigner. Mais tout mon kit de secours était à l’autre extrémité de l’étage. Avec le reste des munitions, des armes et de tout ce qui aurait pu nous être utile. Il ne nous restait qu’à attendre que le sniper ne réduise la cloison de plâtre en poussière et qu’il nous plante chacune une balle dans la tête. Dire que j’allais mourir là, avec une parfaite inconnue pour une raison tout aussi obscure. J’aurais dû rester à Safepoint, j’aurais dû aller dans ce bar que tout le monde me recommandait plutôt que de m’entêter à acheter tout ce stock inuti…

J’ouvris soudainement les yeux. Le piège à ours. Le putain de piège à ours. Il était encore en position, bien caché entre deux planches de bois au travers de l’entrée. J’avais disposé l’ensemble de manière à ce que quiconque voulant entrer soit obligé de mettre le pied dans l’ouverture pour enjamber le fouillis au sol. Il suffisait que ce connard ne fasse qu’un pas en avant. Un seul pas et nous avions une chance.


[HRP: -7 balles 9mm, reste 10 -- Blessure par balle à l'épaule, perte de sang importante, essoufflement (en récupération), étourdissement.
C'est pas du grand art, mais bon... xD
Spoiler:


Et désolée pour le retard Razz J'ai eu plus de devoir que prévu ^^]


Dernière édition par Elza Blake le Dim 19 Fév - 17:35, édité 1 fois

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Jeu 16 Fév - 7:15

L’esprit de l’italienne vacilla en même temps que sa conscience, l’air lui manquait, la pression de l’homme sur sa gorge était trop forte, ses forces l’abandonnèrent en quelques secondes. Puis ce fut le noir, avec une curieuse impression de « déjà vu ».

Sans pouvoir déterminer combien de temps s’était écoulé, une voix familière se fit entendre, mais lointaine... terriblement lointaine :

- Bouge de là! Lorena, bon dieu tu es encore en vie? Je t’interdis de crever connasse, t’as pas le droit de me laisser dans un bousier pareil toute seule!

C’est le « connasse » que Lorena retint. Aussi étrange que cela puisse paraitre, elle focalisa sur l’insulte et au fur et à mesure qu’elle reprenait la conscience de son être, que l’oxygène assimilé par ses poumons, via une trachée maintenant libérée de toute contrainte, alimentait son cerveau, une sourde et irrationnelle colère gronda en elle. Elle toussa, hoqueta, marmonna une série d’inintelligibles jurons dans sa langue natale. Adossée à une jolie brune qui tenait une arme de poing, Lorena rassembla rapidement ses souvenirs, jeta un œil sur le cadavre défiguré de son agresseur, puis à nouveau sur l’américaine. Cette dernière paraissait apeurée : *Mais qu’attend t-elle ? On dirait une Mama guettant la cuisson de ces gnocchis à l’arrière d’une trattoria napolitaine…*

Un claquement métallique suivi immédiatement d’un cri de douleur terrible répondit à ses interrogations. Le sniper venait de faire un pas de trop et sa jambe gauche fut engloutie par le piège à ours.

Elza fut soulagée et se détendit immédiatement pendant que l’homme ne cessait d’hurler sa douleur. Lorena fit un signe de la main à la jeune femme, lui indiquant à la fois une sorte de remerciement et qu’elle pouvait cesser de la maintenir.
Encore prise de vertiges, Lorena se redressa maladroitement, puis dominant Elza encore accroupit elle lui jeta un regard noir et cracha :

Cazzo !!! J’ai pas révé, tu m’as traité de connasse. Fotti tua madre, bardascia, tu veux vraiment 300grs de barbaque italienne en travers du museau ? en levant la main droite et n’attendant pas spécialement de réponse.

Le sniper n’arrêtait pas de gémir entre deux hurlements de douleurs, aussi Lorena, pencha sa tête de derrière la cloison, aperçut l’homme en bien mauvaise posture, lui adressa un sourire ironique et s’adressa à lui d’une voix rocailleuse, mais quasiment hurlée:

- Testo di merdia, je m’entends même plus causer, tu vas la fermer ta grande gueule ? Ils vous élèvent aux marshmallows et vous entrainent sur PS3 dans l’US Army ? La réplique n’eut guère d’effet, par contre quand Lorena lâcha séchement - Ecoutes moi bien, imbranato, à beugler comme ça, tu vas rameuter une foule d’infectés d’ici quelques secondes. Vu ta position, guère enviable d’appât vivant au bout d’un hameçon géant, j’essayerai de la mettre un peu en sourdine… ou tu vas te faire croquer mon lapin…

Le tireur d’élite fit un effort surhumain mais parvient à contenir quelque peu les cris que lui inspiraient sa double fracture ouverte de la jambe droite.

Lorena prit un air satisfait, le remercia d’un hochement de tête puis avant de revenir vers Elza lui glissa « aimablement » :

- Tu nous excuseras, ta conversation est captivante, mais on nous attend ailleurs… Mes amitiés à Strathford…

Lorena revient à l’américaine qui s’était quelque peu affaissée au sol du fait de sa blessure. Lorena y jeta un rapide coup d’œil, concluant son inspection par un :

- Vilaine blessure, mais très sincèrement les pansements c’est pas mon fort, en général je sers plutôt de cobaye aux apprentis toubibs de Safepoint et j’ai jamais su poser autre chose qu’un pansement compressif,... c’est facile y a le mode d’emploi sur ceux de l’armée américaine…

Puis calant ses yeux dans ceux de la jolie brune : - Elza, je suis désolée d’avoir mis la merde dans ton installation dans ce charmant quartier qu'est Riverside, mais il faut décamper rapidement, car, qu’ils soient rodeurs ou GI, aucun d’entre eux ne nous fera de cadeau et ils vont littéralement grouiller d'ici quelques minutes. Viens avec moi, je vais te trouver un petit coin de paradis où tu pourras jouer tranquillement à Docteur Quinn avec les « natives » du coin…

Lorena aida la jeune médecin à se relever puis se dirigea vers la caisse de cette dernière. Elle ramassa son Sig et son couteau de combat, jeta un œil derrière elle quand elle sentit le sniper la braquer avec son arme de poing.

Regard en coin et index plaqué sur les lèvres, elle lui fit signe qu’un nouveau coup de feu ne serait pas très opportun. D’un hochement de tête elle fit signe à l’homme de jeter un œil dans la rue, où nombre d’infectés cherchaient l’origine de la récente fusillade et des derniers éclats de voix.

Puis elle mima à ce dernier qu’il serait surement plus adéquate d’utiliser le peu de temps qu’il avait avant d’être repéré par les bipèdes carnivores, à appeler du secours via son poste radio portatif plutôt que d’ouvrir bêtement le feu sur une italienne, qui de toute façon quittait les lieux.

Un semblant d’accord tacite ayant été trouvé, le sniper chuchotant à son émetteur sa position et la nécessité de lui porter une aide immédiate, Lorena s’enquit du poids de la caisse d’Elza. Après un rapide essai, elle conclut à un échec irrémédiable :

- T’as caché quoi là-dedans ? Un bloc opératoire tout entier ou c’est ta collection de sex toys dont tu n’arrives pas à te défaire ? Vas falloir m’aider malgré ta blessure ou alors que tu laisses une partie de ton matériel ici. Il nous faut juste atteindre l’immeuble de l’autre côté de la rue, pour cacher ton matériel, je te trouverai une planque par la suite et des bras pour transporter ton matériel jusque-là, je te dois bien ça. Tu t’en sens capable ?

___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Dim 19 Fév - 14:19

Je réalisais à quel point je m’étais mise en mode automatique. Je fonctionnais, je réfléchissais logiquement, mais tout mon esprit était encore accroché à ce moment ou mon doigt avait pressé la gâchette. Je n’avais jamais tué froidement quelqu’un comme ça. J'avais déjà causé la mort de quelques personnes, je m'étais déjà battue pour ma vie et j'avais occasionné pas mal de blessures critiques. Mais je n'avais jamais explosé la tête de qui que ce soit. Je savais que le monde avait changé et que ce type de violence était devenu littéralement commune. Mais je n'étais jamais tombé dans ce genre d'activité morbide. Je voyais cette pureté comme un signe que j'avais toujours mon humanité, que mes mains étaient vides de sang. J'avais conservé quelque chose de mon ancienne vie, j'accordais encore la même importance à chaque existence, qu'importe soit-elle. Enfin merde! J'étais un médecin! Mon putain de travail, c'était de sauver des gens, pas de leur plomber le corps! J'avais dédiée ma vie entière à sauver de parfaits inconnus sans jamais espérer la moindre reconnaissance. Et maintenant, j’étais une meurtrière.

Mes doigts serrés sur la crosse de mon pistolet se mirent à trembler et je ramenai mes jambes contre ma poitrine. J’entendais Lorena parler, mais je ne comprenais pas le moindre mot de ce qu’elle disait. Mes yeux étaient accrochés au cadavre devant moi. Mon cadavre, ma victime, mon assassiné. Il ne restait plus grand-chose d’humain dans ce visage. J’avais fait exploser une bonne partie du maxillaire et il ne restait quasiment rien de l’os nasal. Un œil laiteux, expulsé de son orbite et reposant sur une joue déchiqueté, était fixé sur moi en un ultime reproche silencieux. Je ne pouvais me détacher de cet iris d’un bleu ciel clair, cet œil accusateur qui me voyait sans me voir. De la bile remonta dans ma gorge, traçant un sillon acide le long de ma trachée. Au delà de ce globe oculaire mort, le temps s’était arrêté. Si j’avais croisé cet homme quelques heures plus tôt, dans Safepoint ou ici même, j’aurais joyeusement bavardé avec lui, je lui aurais offert de quoi manger et nous nous serions trouvé des connaissances mutuelles. Au lieu de ça, j’avais le corps troué et lui s’était retrouvé avec une tête en chou-fleur. Depuis le début de l’épidémie, j’avais cru que l’Ennemi, celui avec un grand E, était ce virus qui transformait les cadavres en machine à tuer. Maintenant, je devais prendre en considération la nature humaine des autres survivants, et cela me terrorisait beaucoup plus que de me heurter à une ou deux zombies.

J’en était encore à me torturer l’esprit avec l’homme que j’avais tué (était-il marié? Avait-il des enfants? Est-ce que des gens se fiaient à lui pour survivre comme je m’étais fié à Chris, à Las Vegas? Était-il fidèle à ses amoureuses? Jouait-il aux cartes? Où vivait-il avait tout ça?...) quand Lorena se planta devant moi. Je perdu le visage éclaté de vue, le fil se cassa et le temps reprit tout bonnement son cours. Je clignai des yeux à quelques reprises, plutôt étourdie, et relevai la tête sur le visage de la femme.


- T’as caché quoi là-dedans ? Un bloc opératoire tout entier ou c’est ta collection de sex toys dont tu n’arrives pas à te défaire ? Vas falloir m’aider malgré ta blessure ou alors que tu laisses une partie de ton matériel ici. Il nous faut juste atteindre l’immeuble de l’autre côté de la rue, pour cacher ton matériel, je te trouverai une planque par la suite et des bras pour transporter ton matériel jusque-là, je te dois bien ça. Tu t’en sens capable ?

Je pris quelques secondes pour bien saisir l’ensemble de sa tirade, puis hochai la tête et me relevai péniblement, une main plaqué sur mon épaule endolorie.

- Je crèverai pas de forcer un peu. De toute façon, je peux pas me soigner sans ce qu’il y a dans cette caisse. Par contre, t’es mieux de t’arranger pour me procurer un autre piège à ours.

Je détournai la tête vers l’homme qui gémissait de douleur afin qu’elle ne voit pas le trouble dans mon regard. Une partie de mon esprit était en miette, mais ce n’était pas le temps de m’apitoyer sur mon sort. J’y repenserai lorsque que je serai loin de cet immeuble à la con.

Mes yeux se posèrent sur l’énorme PSG-1 que le tireur avait laissé tomber. Je ne pris même pas le temps de réfléchir et attrapai l’arme de précision. J’étais loin d’avoir les capacités nécessaires pour faire de réels dommages avec une telle arme, mais l’avoir en main ne pouvait pas me causer de trouble… et si le mec gardait mon piège à ours, j’avais bien droit à une petite compensation. Je laissai tomber le fusil dans la caisse déjà bien garnie et me penchai.


- Allez, je garantis pas pouvoir tenir des milles, mais je devrais pouvoir la trainer jusqu'à l’autre bord de la rue. ‘Va falloir faire vite car il y a pas mal de monde dans la rue, et mon sang va les attirer.

Je saisis les coins de la caisse, attendis que Lorena soit dans la même position, et projetai tout ce qui me restait de force dans mes avant-bras. Mon deltoïde protesta violement et je serrai les dents pour ne pas hurler à nouveau. Une fois stabilisé, j’appuyai mon épaule contre le bois rugueux de la caisse, minimisant son effort. Je jetai un coup d’œil par la porte ouverte afin d’évaluer l’action de la rue.

- C’est bon pour le moment, le plus loin est à une dizaine de mètres. On va vers la droite en sortant. Go!

Avec difficulté (nous devions bien taper un gros 260 lb à nous deux), nous commençâmes à marcher vers la sortie. Le sniper était beaucoup trop occupé à sortir sa jambe du piège pour nous emmerder, et nous parvinrent à quitter le bâtiment sans intervention.

Une fois dans la rue, une vague de sable me gifla et je fermis les yeux de justesse. J’étais de dos à notre direction, mais en écrasant mon épaule contre la caisse, je parvenais à avoir une certaine vue sur la rue. Chaque pas était pénible, et ma blessure avait recommencé à saigner abondamment. Je voyais des étoiles aux coins de mon camp de vision et devais forcer ma concentration sur notre avancée. Nous traversâmes le stationnement en longeant le bâtiment. La fracture ouverte de notre bon ami le sniper devait être beaucoup plus odorante que mon petit trou dans l’épaule, car je voyais déjà trois infectés appuyés contre le cadre de la porte que nous venions de quitter, et aucun ne s’intéressaient à nous. Je n’avais pas de très grand espoir pour le type. Nous sortions du stationnement grillagé lorsque le premier coup de feu résonna. Apparemment, le mec avait préféré prendre la chance de rameuter l’ensemble des zombies de Riverside dans notre coin plutôt que de se laisser bouffer silencieusement. J’aurais personnellement fait le même choix.

Malheureusement pour lui, il dû manquer de balle car ses hurlements ne furent pas long à entendre par la suite. Je détournai la tête, préférant me concentrer sur notre direction.

Nous traversâmes silencieusement la rue. Apparemment, Lorena nous menait vers un petit bâtiment en brique rouge dont la porte était déjà fracassée. Nous parvenions au portail lorsque j’entendis un grognement derrière moi. J’eus à peine le temps d’en deviner l’origine, de lâcher la caisse pour prendre l’arme coincé dans mon dos qu’une paire de mains osseuses se fermaient sur mon cou. Le faciès devant moi était affaissé par la décomposition et les dents encore ensanglantées d’un dernier repas. Sa bouche se précipita avidement vers mon propre visage.
Je ne réfléchis même pas.

Alors que je détournai la tête afin d’éviter les mâchoires mortelles, je pointai mon Beretta sous le menton de la créature et appuyai sur la détente. Alors que la douleur explosait dans ma tête, une vague chaude m’aspergea complètement.
Les mains desserrèrent leur emprise et le corps s’effondra, me laissant couverte de sang et de chair en décomposition. Mais une affreuse souffrance m’inquiétait, rapidement, je portai la main à mon oreille gauche et restai abasourdie et contemplant l’absence de pavillon.

Je me tournai vers Lorena, choqué, la bouche pleine de sang, le regard paniqué.


- On planque mes trucs et tu me sors d’ici. Je t’en pris, sors moi d’ici!

[HRP: -3 pdv, blessure par balle à l'épaule, perte importante de sang, perte du pavillon de l'oreille gauche, état de choc.
- 1 balle 9 mm, + un fusil de précision PSG-1
État de sadisme du player d'Elza de plus en plus croissant big smile ]

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Lorena Galardi le Lun 20 Fév - 7:07

- On planque mes trucs et tu me sors d’ici. Je t’en pris, sors moi d’ici!

Lorena était face à la jeune médecin, la bouche entre ouverte par la surprise, la caisse à leurs pieds : *Mais elle me fait quoi là, la gamine ??? Un remake d’un film de Romero ???

L’italienne attrapa dans la caisse un sachet contenant des compresses stériles, en prépara quelques-unes qu’elle plaqua sur l’oreille sanguinolente d’Elza puis s’empara de la main de la jeune femme qu’elle guida jusqu’aux compresses qui commençaient à se gorger de sang.

-Tiens ça, tout va bien se passer, je m’occupe de tout… tenta de se montrer rassurante la napolitaine d’une voix douce, mais au fond d’elle-même, Lorena se demandait comment la jeune médecin parviendrait à survivre seule à Riverside si elle se faisait mâchouiller un morceau de son anatomie à chaque coin de rue.

Tirant et jurant la caisse comme elle le put, elle pénétra dans une petite épicerie de quartier située au rez de chaussée d’un immeuble de 5 étages.

Elza suivait l’italienne, comme hagarde, quelque peu choquée par sa dernière rencontre. Il est vrai que ces saletés d’infectés avaient la fâcheuse habitude de surgir de nulle part comme un diable à ressort de sa boite.

Le commerce avait depuis longtemps était pillé de la moindre de ses ressources et copieusement saccagé. Sauf énorme malchance, aucun pillard ne viendrait ici risquer sa vie pour fouiller une épicerie maintes fois visitées. Lorena dissimula la précieuse caisse sous un tas de déchets et de gravats. Puis se retourna vers Elza :

- Elza… OH ELZA !!! Reprends toi ma belle où tu vas finir par y rester. Ton coup de feu va attirer un paquet de charognes d’ici peu, il faut partir maintenant !!! Et joignant le geste à la parole la napolitaine saisit la jeune femme par la main et l’entraina dans la rue.

A l’entrée de celle-ci sur leur droite, une demi-douzaine d’infectés, attirés par le tir de l’arme de poing d’Elza. Lorena jura en voyant l’assez bon état des cadavres ambulants : -Cazzo, c’est du frais, une saloperie qui galope vite… COURS !!!

Obliquant sur leur gauche les deux jeunes femmes sprintèrent, Lorena ne lâchant pas la main de la jeune américaine, les rôdeurs très alertes sur leurs talons.

Slalomant entre les épaves de voitures, les deux brunes ne parvenaient pas à semer leurs poursuivants, même si elles avaient réussi à placer une trentaine de mètres entre elles et eux. Elza étaient un peu plus rapide que Lorena, mais elle s’éssouflait vite, très vite, trop vite.

Pourtant Lorena cherchait désespérément du regard un abri, un porche d’immeuble dont la porte serait visiblement ouverte mais qu’elles pourraient barricader. Hélas, alentours il n’y avait que vitrines brisées et portes défoncées.

Elza donnait des signes de fatigue, Lorena sentait qu’elle était de plus en plus obligée de tirer la jeune femme par la main pour qu’elle ne ralentisse pas le rythme autant qu’elle entendait la respiration de plus en plus rauque de cette dernière.

Quittant Vasco St et tournant sur la gauche, elles tombèrent dans NE Grand Ave et un barrage formé par l’amoncellement de plusieurs
dizaines de véhicules de tout type. Elles bondirent toutes deux sur le capot d’un taxi, puis le toit d’une Toyota Prius, mais Elza ripa sur ce dernier à la réception, déséquilibrant Lorena qui chuta, dans un juron entre deux véhicules.

Celle-ci se releva immédiatement mais les infectés n’étaient plus qu’à quelques mètres, escaladant tant bien que mal les carcasses des voitures. L’italienne sortit son Sig Sauer qu’elle pointa des deux mains et fit feu deux fois. Un rôdeur vit l’arrière de sa tête éclater par la trajectoire perforante du projectile de 9mm.

-T’arrêtes pas pour moi, BARRES TOI !!! Je te rejoindrai… hurla l’italienne avant de faire feu une troisième fois, touchant dans une gerbe sanglante le cou d’une jeune femme, en pantalon cargo kaki et haut noir. Si le projectile de mit pas hors d’état de nuire l’infectée, l’onde de choc provoquée fit chuter l’immonde reliquat d’humanité en arrière, retardant d’autant sa progression.


___________________________

Lorena Galardi
Admin
Admin

Messages: 806
Date d'inscription: 30/04/2011
Localisation: dans les pires emmerdes... forcément...

Feuille de personnage
Niveau: 2
État de santé:
74/100  (74/100)
Réputation: Dynamite

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Conjuguer installation en millieu hostile et survie

Message  Elza Blake le Ven 24 Fév - 0:20

-Tiens ça, tout va bien se passer, je m’occupe de tout…

J’écrasai ma main contre la portion d’oreille qui me restait. Merde. Merde merde merde merde! Je n’arrivais même pas à le croire. J’avais passé une année à survivre toute seule dans la folie de Las Vegas, j’avais fini par oublier le son de ma propre voix durant ce séjour ou le monde se résumait à mon unique survie. Je m’étais débrouillé. J’en avais bavé, et j’avais bien failli crever plusieurs fois, mais je n’avais jamais rien vécu de semblable à ça. En l’espace de dix minutes, on m’avait tiré dessus, j’avais tué un homme et j’avais perdu une oreille. J’avais eu davantage de chance dans les rues infectées du Strip que dans le dernier bastion de l’humanité. Tu parles d’une veine.

Encore sous le choc de la perte soudaine de l’une de mes extrémités, je suivis Lorena dans la pharmacie en me demandant de quel autre morceau je pouvais me laisser grignoter sans trop le regretter. Avais-je réellement besoin des toutes mes doigts?
L’italienne cacha rapidement mon stock, j’en profitai pour piocher machinalement une trousse de survie que je coinçai dans mon dos, près de mon arme. Réflexe. Et j’allais probablement avoir besoin d’une bonne dose de morphine pour ne pas m’effondrer de douleur. Je supportais déjà difficilement cette salope d’épaule engourdie…
Ma sauveuse se tourna vers moi, le regard calme et franc. Dire qu’une demi-heure à peine, elle me pointait un pistolet dans la gueule.


- Elza… OH ELZA !!! Reprends toi ma belle où tu vas finir par y rester. Ton coup de feu va attirer un paquet de charognes d’ici peu, il faut partir maintenant !!!

Elle attrapa ma main (celle qui était encore relié à mon corps par un deltoïde intact, heureusement…) et me tira vers l’extérieur. Je la suivis, consciente d’être légèrement trop embrumé pour me permettre de protester.
À peine sortie, nous fûmes accueillies par six infectés qui pointait déjà le nez dans notre direction. J’étais un véritable appas à zombies avec cette épaule en charpie sanguinolente.


-Cazzo, c’est du frais, une saloperie qui galope vite… COURS !!!

L’italienne tira sur ma main et je concentrai ce qui me restait de forces dans les muscles de mes cuisses. J’avais peut d’être trop abîmée pour courir longtemps, donc je mis la gomme dès le départ afin d’atteindre un abri ràpidamente. Malheureusement pour nous, les êtres en décompositions qui voulaient nous bouffer étaient beaucoup plus tenaces que je ne le pensais et je m’épuisai à toute vitesse. Lorena tirait avec fermeté sur mon bras. Heureusement car je ne serais pas parvenue à maintenir le rythme toute seule. Pas avec autant de sang perdu. J’avais impérativement besoin d’une bonne transfusion et d’un bandage efficace.

Nous débouchâmes sur l’un des boulevards principaux. La rue était dans un état réellement pitoyable. Jonchées de déchets et de cadavres, elle était entièrement bloquée devant nous pas un imposant amoncellement de voiture. La panique me pinça le cœur, mais Lorena ne ralentis même pas. D’un bon, elle sauta sur le capos d’un taxi et poursuivi vers une petite Toyota. Essoufflée et étourdie, je ne pus suivre le mouvement et ma cheville crocheta contre le pare-brise. Instinctivement, je tirai sur la main de Lorena et la fit trébucher. Je peinais à me relever alors que la napolitaine se tournait sur elle-même et reprenait son escalade. Je me hissai jusqu’au toit de la Malibu sur laquelle Lorena s’était placée. Habillement, elle orienta son Sig vers l’un des douze infectés qui s’était donné rendez-vous pour notre éventuel trépas et l’explosa. Je me laissai glisser le long du coffre d’un camion, profitant de l’instant pour reprendre mon souffle. Les mains tremblantes, j’attrapai mon Beretta et vérifiai le nombre de balle. Plus que sept.


-T’arrêtes pas pour moi, BARRES TOI !!! Je te rejoindrai…

Je levai la tête vers Lorena. Une pensé totalement inusité me vint en tête, mais je ne pu m’empêcher de la trouver belle ainsi. Avec son air concentré, son visage couvert de sang et les traces de doigts contre son cou, elle avait l’air de ce qu’elle était réellement; une survivante. Sans hésitation, je retirai le cran de sureté et me relevai.

- Arrêtes de déconner! Pas question de se séparer! Et avec les coups de feu, il va y avoir autant de ces cochonneries dans l’autre direction. Il faut se barrer de ce quartier!

Facile à dire, beaucoup moins à réaliser. Mais nous étions situées en plein dans une artère de la ville, un endroit ou des tas de rues aboutissaient toutes. D’ici quelques minutes, nous allions être complètement encerclées. Mais où aller? Qu’importe la direction, infectés il y aurait. Je n’avais pas grand espoir de voir un hélicoptère voler à notre rescousse et je n’avais malheureusement pas de marteau-piqueur pour foutre le camp en Chine par le sol…

J’écarquillai subitement les yeux. On ne se rendrait peut être pas en Chine, mais nous pouvions bel et bien passer par les égouts! Je me tournai afin de jeter un coup d’œil dans la rue dernière nous. Malheureusement, aucune bouche menant vers le sous-sol de la ville n’était visible. Par contre, il y avait déjà trois zombies qui trainaient leurs grands corps dans notre direction. Un peu devant moi, Lorena fit feu à nouveau. Profitant de ce moment où elle me couvrait, j’examinai rapidement notre environnement, cherchant un moyen de sauver notre peau.

Mon regard se posa sur un appartement encore en bon état, laissant planer son ombre sur une petite ruelle parallèle à NE Grand Avenue. Contre la brique pâle du bâtiment, je distinguai un escalier de secours. La ruelle n’était qu’à une trentaine de mètres de nous, seuls les trois zombies nous en séparaient. Ensuite, nous serions en sécurité sur le toit.

Du moins pour l’instant.

Je posai une main légère sur l’épaule de Lorena.


- J’ai une idée, suis-moi!

J’en profitai pour tracer un cercle bien rond sur le front d’un infecté qui s’était hissé jusqu'à la Malibu.
Je ne me sentais toujours pas très bien, mais j’avais repris mon souffle et l’adrénaline ronronnait dans mes veines. Je dévalai la pile de voiture et sautai sur le bitume, grommelant sous le choc de mes bottes contre l’asphalte. Je serrais la crosse de mon arme avec une telle force que mes jointures en était blanchie. J’avais mal à la tête, j’avais mal à l’épaule, à la poitrine et aux pieds aussi. Bon sang, ça aurait été tellement plus facile de simplement m’étendre au sol et de me laisser dévorer. Tout ça, la douleur, la faim, la peur, tout serait fini. Et je me reposerai enfin.

Je secouai la tête, chassant cette pensée.
* Tu sais bien que tu ne le feras pas, cesse de déconner et occupe toi de ces mierda no-muertos*.

En ralentissant, j’enlignai la tronche du gros zombie devant moi. Il me fallu deux balles pour le faire tomber. Plus que quatre cartouches.

Lorena m’avait amplement rattrapé et élimina les deux créatures restantes. J’attrapai sa main en courant et la tirai vers la ruelle.

Il n’y avait que deux infectées dans la petite rue, et l’un deux avait déjà les deux jambes et moins. Je me plaçai en position pour viser le plus proche et criai à l’italienne :


- Grimpe! Je monte tout de suite après toi!

En vérité, je n’étais pas certaine d’être capable de monter jusqu’en haut, pas avec l’épaule dans cet état, mais je ne voulais pas ralentir Lorena et la forcer à rester au sol.

Le sang battait dans mes tempes, ma bouche était asséchées, l’odeur de l’hémoglobine et de la chair sur moi me levait le cœur. Rarement je m’étais sentie aussi… réelle, aussi vivant et palpable. Qu’importe les protestations de cette épaule, je n’avais pas l’intention de mourir aujourd’hui, du moins pas avant d’avoir atteint ce putain de toit.


[HRP: - trois balle de 9 mm, reste quatre]

Elza Blake

Messages: 57
Date d'inscription: 29/01/2012

Feuille de personnage
Niveau: 1
État de santé:
75/100  (75/100)
Réputation: Toubib

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum